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Les peurs et la pandémie

Amandine Delire

Amandine Delire

La peur est un émotion de base : elle est très importante car elle a le rôle de vous prévenir d’un danger.

Elle peut être individuelle ou collective, et elle suscite une réaction directe lorsqu’une personne  ou un groupe la ressent.

Que se passe-t-il lors d’un épisode de pandémie mondiale, qui active nécessairement une peur collective et change les rapports sociaux ?

Est-ce que la peur nous emmènerait sur un chemin plus individualiste, quand l’autre devient le vecteur de l’ennemi commun ?

Ou bien serait-ce là le terreau pour un nouvel élan de solidarité, se sentant tous unis contre un ennemi invisible et très fortement médiatisé ?

Comment réguler la peur ?

Pour répondre à cette interrogation, il est nécessaire de définir le mot « peur » et ce que cela signifie réellement.

Les peurs individuelles « tranquilles »

Ces peurs englobent les peurs de la vie quotidienne : celle de ne pas réussir, celles qui sont liées à la confiance en soi, celle d’être en retard, celle des araignées, etc.

La peur se base sur une réalité soit objective, soit fantasmée, et tant qu’elle reste dans des limites acceptables, elle remplit son rôle de protectrice contre un environnement éventuellement source de dangers.

Des peurs individuelles aux peurs collectives

« Bien sûr, les angoisses individuelles peuvent entrer en résonance les unes avec les autres ; émergent alors des peurs collectives, fruits d’une construction liée à la diffusion de représentations sociales : des éléments sont combinés en des récits, des mythes et des pratiques qui suscitent et orientent la peur. »[1]

Le sentiment d’insécurité grandit lorsqu’il est partagé par un grand nombre et surtout médiatisé :

loin de l’effet rassurant qu’on pourrait penser que la connaissance et l’information peuvent nous donner, elles ont plutôt tendance à nous stresser davantage.

La peur dans un groupe

« Le processus le plus frappant, dans la vie initiale d’un groupe, est la présence de la peur et cette peur naît de la méfiance. »

J. L. Gibb

Le sentiment d’insécurité grandissant, il apporte de l’incertitude et tout groupement aura tendance à vouloir diminuer celle-ci.

Nous avons tous besoin de savoir prévoir ce qui va se passer par la suite.

Cette incertitude dans laquelle la pandémie nous plonge est une source de peur inépuisable.

Quelles stratégies de groupe pour sécuriser?

Dans un premier temps, le groupe utilise une stratégie de création de stabilité avec des règles, qui pourront changer par la suite.

L’objectif est, bien entendu, que ces dernières réduisent l’incertitude et permettent des prévisions favorables au groupe.

Ensuite, le groupe aura tendance à catégoriser la nouvelle réalité, afin de pouvoir la rendre plus lisible.

Enfin, les causes du changement qui initient la peur seront recherchées : « il y a bien un.e coupable, un élément déclencheur, et nous pourrons agir dessus. »

Durant la pandémie mondiale, vous avez pu observer toutes ces phases : la création des règles de confinement, la réduction de l’incertitude avec des statistiques auxquelles chacun pouvait avoir accès en permanence, la catégorisation de sous-groupes « à risque » et/ou « pas à risque », et la recherche de la cause initiale : était-ce ce laboratoire de Wuhan ou bien était-ce une mauvaise gestion des échanges internationaux ?

Ce schéma illustre parfaitement la stratégie de sécurisation qui est menée par tous.

« Le contexte de crise constitue, par l’incertitude et l’anxiété qui le caractérisent un foyer de peurs collectives »[1]

Comment écouter sa peur?

En tant que psychologue, j’ai envie de vous parler d’une technique pour accueillir l’émotion : en effet, celle-ci fonctionne comme un signal.  Elle a un message à vous faire passer. Il ne s’agit donc pas de la camoufler, ou de la faire taire avec des stratégies groupales, mais bien de l’écouter.

Comment ?

Laissez-la s’exprimer, et notez ce qui vous passe par la tête.

Non seulement son intensité diminuera, mais vous aurez aussi une base écrite pour travailler dessus.

C’est maintenant que le vrai travail peut commencer 😉

Vous avez besoin d’aide pour cela ?

Contactez-moi !


[1] Craintes, peurs, insécurités, Pierre de Visscher, Les cahiers internationaux de psychologie sociale, 2015/4, n° 108, pp. 719-743.


[1] Craintes, peurs, insécurités, Pierre de Visscher, Les cahiers internationaux de psychologie sociale, 2015/4, n° 108, pp. 719-743.

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