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Réflexions sur la souffrance au travail aujourd’hui

Amandine Delire

Amandine Delire

Est-il encore possible d’être heureux.se au travail, de nos jours ?

Aujourd’hui, je vous propose une réflexion sur les facteurs du monde du travail qui aideraient/ n’aideraient pas à l’épanouissement personnel et professionnel.

La dépossession: qu’est-ce que c’est?

Dans l’organisation originelle du travail, dans la majorité des cas, chaque personne réglait ses conflits en face à face : cela pouvait s’avérer stressant mais cela donnait une grosse part de responsabilité au travailleur, quelle que soit sa place dans la hiérarchie de l’entreprise.

De nos jours, il existe des syndicats, des délégués du personnel et d’autres intermédiaires entre l’employé et le patron : on pourrait penser que ce genre d’organisation n’ont que des côtés positifs,  protectionnistes, mais il s’ensuit fréquemment ce qu’on appelle un désinvestissement de l’employé concerné si on ne lui donne pas une part active dans la résolution du conflit. Ce dernier n’a pas l’impression d’avoir réellement droit à la parole, en tant que sujet unique, ni l’impression de mener le combat, car l’instance en question le fait à sa place.

« Les souffrances ne s’expriment plus dans le rapport avec l’employeur ou l’institution. Le conflit a trouvé sa nouvelle voie par le progrès social et la législation du travail, dans ces différentes instances. Il a été comme usurpé par ces organismes. « Je n’ai plus à être en conflit, quelqu’un d’autre l’est pour moi ». »[1]

Cette dépossession amène la personne à se sentir « objectifiée » et non plus sujet valorisé faisant partie d’un tout, l’entreprise.

La polyvalence

Les nouvelles organisations du travail ont fait apparaître une tendance, qui est celle de reprendre le travail de l’autre si besoin, et d’assurer son propre service ainsi que celui de l’autre manquant. On observe ainsi à l’émergence de postes dits « polyvalents ». Tout le monde devient capable de faire à peu près toutes les tâches, et cela a exactement le même effet que l’émergence des syndicats et autres instances : le travailleur se trouve dépossédé de son unicité, de son identité. Il devient remplaçable.

« A force d’être bon.ne à tout, on n’est plus bon.ne à rien. »

Les sentiments de responsabilité et d’accomplissement ne peuvent pas se développer si la personne n’a pas l’impression d’avoir droit à la parole ou si elle a l’impression d’être remplaçable.

Or, se sentir responsable, c’est le premier pas vers l’investissement  émotionnel, social et personnel dans son travail.

Egalement, cette polyvalence a tendance à amener une surcharge de travail à une personne occupant un poste donné.

La souffrance au travail

« Alors beaucoup de personnes souffrent. Elles étouffent, se dépriment, somatisent ou baissent les bras, ne supportant ni cette pression quotidienne, ni ce manque de reconnaissance, ni encore cette exacerbation d’une culpabilité déjà existante en elle-même. Et quand il y a une reconnaissance, celle-ci est dictée par un mode de management et non par une sincère relation. »[2]

Le travailleur ne peut plus revendiquer directement, lorsque quelque chose ne va pas : c’est une porte ouverte vers l’angoisse et le questionnement. Il devient passif dans sa relation avec la hiérarchie, ce qui amène peu de respect envers celle-ci.

Comment passer de cette impuissance, de cette inactivité à la parole, pour pouvoir laisser s’exprimer sa colère, d’une manière saine et avec un objectif de règlement du conflit ?

Comment passer d‘une relation démissionnaire à une relation constructive ?

Repenser le monde du travail, particulièrement dans les grosse structures, est un pas essentiel de la prévention des risques psychosociaux, du développement du stress et du burn-out.

Comment repenser le monde du travail?

« La suprême récompense du travail n’est pas ce qu’il vous permet de gagner, mais ce qu’il vous permet de devenir. » (John Ruskin)

Repenser les formations, repenser les horaires, repenser les espaces de travail, repenser la valorisation des compétences des personnes sont autant de chemins pour humaniser son entreprise sont des chemins que certains CEO empruntent actuellement, comme Marc Vossen, le CEO de Ngroup.

Je vous propose un article intéressant du journal LE MONDE qui donne quelques pistes d’action pour réinventer le travail.


[1] Le travail, peut-il encore être la santé ? , Dominique Di Liberatore, Cahiers de psychologie clinique, 2018/2, n°51, PP 97-115.


[2] Le travail, peut-il encore être la santé ? , Dominique Di Liberatore, Cahiers de psychologie clinique, 2018/2, n°51, PP 97-115.

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